Oracle a déposé près de 9 000 demandes de visas H-1B pour l'année fiscale 2026, selon les données officielles publiées cette semaine. Cette démarche intervient alors que le géant technologique procède simultanément à des suppressions d'emplois dans plusieurs de ses divisions américaines.
Demandes record de visas H-1B
Les chiffres du département américain du Travail révèlent qu'Oracle figure parmi les plus gros demandeurs de visas H-1B cette année, avec 8 947 pétitions déposées. Ces visas permettent aux entreprises américaines de recruter des travailleurs étrangers qualifiés pour des postes spécialisés, principalement dans la technologie. La majorité des demandes d'Oracle concernent des profils d'ingénieurs logiciels et d'analystes de données, avec des salaires proposés entre 85 000 et 150 000 dollars annuels.
Licenciements simultanés chez Oracle
Parallèlement, Oracle a annoncé des restructurations touchant plusieurs milliers d'employés américains depuis janvier 2026. Les divisions cloud computing et services clients sont particulièrement concernées par ces suppressions de postes. L'entreprise justifie ces mesures par une "optimisation des coûts opérationnels" et un "recentrage sur les activités prioritaires". Les syndicats locaux estiment que plus de 3 000 emplois ont été supprimés aux États-Unis depuis le début de l'année.
Débat sur les pratiques RH du secteur tech
Cette stratégie soulève des questions sur l'utilisation du programme H-1B par les grandes entreprises technologiques. Les critiques dénoncent un détournement du système, initialement conçu pour combler des pénuries de compétences spécifiques. Ils arguent que certaines entreprises exploitent ces visas pour réduire leurs coûts salariaux plutôt que pour répondre à de véritables besoins non satisfaits sur le marché du travail américain. Les défenseurs du programme soulignent en revanche son importance pour maintenir la compétitivité technologique des États-Unis.
Réactions et perspectives
Plusieurs associations professionnelles ont exprimé leurs préoccupations concernant cette pratique. Le syndicat des travailleurs technologiques dénonce "une concurrence déloyale" envers les employés américains. Oracle n'a pas souhaité commenter ces accusations, se contentant de rappeler son respect "strict des réglementations en vigueur". Cette polémique intervient alors que l'administration Biden examine une réforme du système de visas H-1B pour mieux encadrer son utilisation par les entreprises.