La SNCF monte au créneau contre ses concurrents européens. La compagnie nationale propose d'instaurer des péages majorés et de réserver les meilleurs créneaux horaires aux opérateurs qui acceptent de desservir les petites gares, selon les informations rapportées par BFMTV ce vendredi 3 avril 2026.
Les mesures contraignantes proposées par la SNCF
La compagnie ferroviaire française souhaite mettre en place un système de pénalités financières pour les concurrents qui se contentent des liaisons les plus rentables. Concrètement, Trenitalia, Velvet et les autres opérateurs privés devraient payer des péages plus élevés s'ils refusent de participer à la desserte des territoires moins attractifs économiquement. En parallèle, ces compagnies se verraient attribuer les créneaux horaires les moins favorables sur les axes principaux.
L'enjeu de l'aménagement du territoire
Selon la SNCF, cette approche répond à un impératif d'équité territoriale. La compagnie publique assume seule la desserte des lignes déficitaires et des petites gares, essentielles pour maintenir la connectivité des territoires ruraux et des villes moyennes. "Ils n'iront pas", affirme la direction de la SNCF à propos de ses concurrents, justifiant ainsi la nécessité de mesures incitatives contraignantes pour préserver l'aménagement du territoire français.
La réaction attendue des concurrents
Les opérateurs privés comme Trenitalia risquent de contester ces propositions, qu'ils pourraient considérer comme des entraves à la libre concurrence européenne. Ces compagnies privilégient actuellement les liaisons à forte fréquentation, notamment entre les grandes métropoles, où la rentabilité est assurée. L'obligation de desservir des gares moins fréquentées pourrait remettre en question leur modèle économique basé sur l'optimisation des coûts.
Perspectives et débat parlementaire
Ces propositions seront débattues dans le cadre de la loi-cadre sur les transports, actuellement en préparation. Le gouvernement devra trancher entre l'ouverture totale du marché ferroviaire et la préservation du service public de transport. Cette bataille réglementaire illustre les tensions croissantes sur le marché ferroviaire français, où la concurrence s'intensifie depuis l'ouverture progressive du secteur aux opérateurs privés européens.